Portraits

banale ou extraordinaire?

Dans le "Downtown Hotel", où on peut boire le Sour Toe cocktail.

Comme tout bon touriste à Dawson City, dimanche Seb a voulu essayer le sour toe cocktail, ou, si on veut, le cocktail avec un orteil mort! Et un gros orteil, s’il vous plait. C’est toute une légende ici à Dawson, depuis des dizaines d’années. Seb était d’ailleurs la 38 313e personne à le faire. Ratatiné, cet orteil, je vous le dit. Ils en sont d’ailleurs à leur 7e ou 8e, car des clients l’ont, par le passé, déjà avalé!

Enfin, là n’est pas tellement le charme de cette histoire. C’est d’Anne dont j’ai envie de parler. Lundi, on a pique-niqué sur le bord de la rivière. Une dame relativement âgée s’approche en ramassant par terre des choses qui sont invisibles de l’endroit où on est. On la remarque, puisque c’est plutôt inabituel de voir quelqu’un à Dawson ramasser les canettes de bière. Elle semble presque perdue, désorientée.

Mais Anne récoltait plutôt les déchets qui trainaient ici et là pour les jeter par la suite. “J’étais tannée de voir traîner ces déchets” a-t-elle expliqué sans qu’on lui demande pourquoi. “Je me suis finalement dit que la meilleure chose à faire était probablement de les ramasser moi-même”.

Et ainsi commença une longue discussion. Sur tout, sur rien, sur sa vie surtout, et sur l’orteil en question. Anne est née à Liverpool, en Angleterre. Elle est venue au Canada pour des vacances il y a très longtemps. Elle n’est, depuis, retournée qu’une seule fois en Angleterre. “Aussitôt que j’y ai mis les pieds, je voulais qu’on me renvoie au Canada! J’y suis resté deux semaines et c’était trop.” Puis sa maison fut définitivement le Canada. Il y eu un mari à Ottawa, puis un autre rencontré à Dawson. Mari qui, oh surprise, était le capitaine qui a instauré le sourtoe cocktail. Elle aura donc servi (et bu) le cocktail pendant 5 étés, aux côtés de son mari, de qui elle s’est “enfin débarassé” aujourd’hui. Elle le dit en riant, et ses yeux montrent encore beaucoup d’admiration pour cet homme “haut en couleur”, comme elle aime le décrire.

Ils habitaient alors à Whitehorse, mais elle a décidé depuis leur séparation l’an dernier de revenir à Dawson. Aujourd’hui donc, après une vie de bohème qui l’a mené à travers le Canada et qui l’a éloignée de ses enfants, elle profite de la vie à Dawson et du kiosque à crème glacée qui n’ouvre qu’en été. Aujourd’hui dernière journée de la saison, ils offrent la crème glacée gratuite à tous pour vider les stocks. Anne n’allait pas manquer de nous informer de cette bonne nouvelle et n’allait pas manquer sa chance non plus: “J’en ai mangé une à tous les jours de l’été. Je ne vais certainement pas manquer la dernière, gratuite en plus!”

Comme tous les gens qu’on rencontre depuis Dawson, Anne n’était pas désorientée du tout, elle ne faisait pas les poubelles et elle ne vit pas non plus une vie spectaculaire. Comme beaucoup de gens qu’on rencontre, elle est venue ici pour s’éloigner d’autre chose, elle est aussi venue ici par amour pour le Nord, pour la nature, pour la tranquillité. On s’attendait, à Dawson, à voir une ville un peu fausse, une ville ou se rencontraient opportunistes et nostalgiques. Mais Anne, à la veille de notre départ, nous a confirmé que les habitants de Dawson sont tout le contraire: ils sont bien ancrés dans la réalité.

Car Dawson est une ville un peu triste, je dois l’admettre. Il y a une drôle de dynamique entre les jeunes à la recherche d’aventure et d’exotisme qui viennent ici pour une ou deux saisons vivre quelque chose de spécial, et les locaux, qui habitent depuis plusieurs années dans cette ville où le temps semble s’être arrêté. C’est un peu l’impression que ça donne: le temps n’existe pas ici. Les choses sont comme elles étaient il y a 30 ans, et elles seront probablement pareilles dans 30 ans. J’hésite entre décrire Dawson comme la ville la plus banale qui soit, ou la plus extraordinaire…


Gay in Bangladesh

I suggest you have a look at this website. Very nice pictures and stories about homosexuality in Bangladesh. Something we don’t get to see often.

Je vous suggère ce site, qui porte sur l’homosexualité au Bangladesh avec belles photos et témoignages.

http://www.gazinafis.com/stories.php?sotyids=1


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Portrait: Mr. Lokmenkhan

We’re getting ready to board a night train from Chittagong to Dhaka. The down pour of  cyclone Aila has drenched the town and made our CNG ‘baby taxi’ ride a lot more stressful then it should be. We pass the masses of homeless huddle at the entrance of the train station. Quickly a little man formally dressed asks us where we are going. Before we could say where, he had us walking to the old station hidden 500m away. He bring us into a dark room, where he tells us to sit and wait because things will be ‘shehfar’ , that’s ‘safer’ with a thick Bengali accent if you didn’t notice.

This was where Mr. Lokmenkhan, the ticket salesmen, sold his tickets.  Since the concept of waiting in line is foreign to most Bangladeshis, numerous hands and faces were pressed against the little cage, eagerly all wanting to get the next train ticket.

Mr. Lokmenkhan had it in control and his experience showed, 25 years to be exact. He dealt with the constant chaos of people eagerly wanting to go somewhere as if it were the end of the world, with what always seemed to be the wrong amount of money. As monotonous as one might think his job might be, surprisingly he seemed to be enjoying his work.  Acting somewhat schizophrenically, he would literarily scream and order people around, gracefully throwing their change he had picked from a huge damp pile into their face; he was on a power trip and loving it. He would then, when he felt like taking a break, calmly turn his rusty chair over to his friend inside this room and return to the previous discussion he was having several minutes ago, has if the havoc next to him never existed.

A women approaches, the first amongst a mass of 40 men. Buddy’s voice soften and I see a smile, could he be exposing his soft side to the public? During the interaction he kindly takes her money and gives her back her change and ticket but before she could say thanks, he screams ‘GET OUT!, NEXT, WHERE?’ and smirks afterwards.

That’s when he noticed us taking pictures of him, I was a bit scared, not sure if were to order me around the same way he did with his client. He kindly asked me for a more prepared posed picture. Then just like his change, he threw me a piece a paper with his name and address telling me to send him the pictures we took. A quick smile was interchanged and before I could blink his chair was facing the cage, ordering the submissive faces behind it. 

lochman khan


Portrait: Saiful Islam

Il s’appelle Saiful Islam et il a 14 ans.

Je lui en donnais 10, durant les quelques secondes où j’ai oublié que les Bangladais sont en général petits, selon nos standards.

Il nous a servi notre chockputti (collation de pois chiches épicés) avec un superbe sourire. J’ai eu envie de lui poser quelques questions:

Il travaille pour ce petit kiosque depuis maintenant 6 mois.

Il y travaille 7 jours par semaine, avec son frère de 18 ans et un autre ami du même âge.

Son plat préféré? le riz.

Son sport préféré? le kabaddi, le sport national, une genre de “tag” qui se joue sur un terrain et où il faut retenir son souffle en allant attraper l’adversaire. Très drôle de jeu… on vous fera un billet de blogue là-dessus.

 Hum… pour les questions plus poussées il faudra attendre que notre bengali s’améliore, mais je vous tiens au courant!

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